Britanniques, Brexit & Barcelone

Brexit. Un mot qui a dominé la politique britannique pendant plus de trois ans et demi. Le paysage politique du Royaume-Uni a changé à jamais depuis juin 2016, date à laquelle 52 % des citoyens britanniques ont voté pour quitter l’UE lors d’un référendum, et maintenant, semble-t-il, le départ de la Grande-Bretagne est enfin en vue.

 

Après une victoire écrasante du gouvernement conservateur du Premier ministre britannique Boris Johnson aux élections du 12 décembre, le dernier accord Brexit a finalement été adopté en deuxième lecture par 358 voix contre 234 le mois dernier. Si les prochaines étapes se déroulent comme prévu, le Parlement européen devrait ratifier l’accord de retrait le 29 janvier, ouvrant ainsi la voie au départ du Royaume-Uni deux jours plus tard.

Mais ce ne sera qu’un début. Des mois de négociations commerciales auront lieu entre le Royaume-Uni et l’UE ainsi qu’avec ses nouveaux partenaires commerciaux pendant un an. Les Britanniques doivent également se faire à l’idée de ce que Brexit signifiera pour eux, tant sur le plan personnel qu’à plus grande échelle. Tout cela doit encore être finalisé.

Avec la sortie imminente de la Grande-Bretagne de l’Europe, s’achèvent des mois d’incertitude sur la question de savoir s’il y aura un second référendum ou une prolongation de la date de départ du Royaume-Uni. Ni l’un ni l’autre n’est probable à l’heure actuelle, ce qui apporte un regain de confiance à la fois pour les citoyens et les entreprises britanniques.

 

Tendances du marché

Les acheteurs britanniques, tant au Royaume-Uni qu’en Espagne, ont hésité à acheter des biens immobiliers pendant les années d’incertitude de Brexit. La croissance annuelle du prix des maisons au Royaume-Uni a ralenti à son plus bas niveau en six ans, selon l’un des plus grands prêteurs hypothécaires du pays.

Si l’on examine les tendances en Espagne, de 2016 (année du référendum) à 2018, le nombre de Britanniques qui achètent des maisons a diminué dans presque tous les domaines clés populaires auprès des acheteurs britanniques. Ils ont diminué de 6,4 % en Andalousie, de 13,4 % aux Baléares, de 16,8 % en Catalogne et de 15,3 % aux Canaries. Il est intéressant de noter que le nombre d’acheteurs britanniques a augmenté de 8,2 % dans la Communauté de Valence et de 46,7 % dans la Communauté de Madrid, ce qui suggère que les Britanniques étaient à la recherche d’autres centres d’investissement immobilier européens pendant cette période. Si l’on considère spécifiquement la Catalogne, la proportion de Britanniques parmi les acheteurs étrangers a diminué de 4,4 % en 2016 à 3,3 % en 2018.

En ce qui concerne l’achat de biens immobiliers en Espagne, il devrait être aussi facile pour les Britanniques de faire ce post Brexit qu’il l’a toujours été. Les Suisses, les Norvégiens, les Américains et beaucoup d’autres citoyens non européens ont acheté des biens immobiliers en Espagne sans aucun problème depuis des années.

Il est peu probable que l’Espagne distingue les citoyens britanniques pour un traitement non amical étant donné le nombre d’Espagnols vivant au Royaume-Uni qui seraient vulnérables s’il n’y avait pas de réciprocité. Il est dans l’intérêt de tous de coopérer.

Le récent regain de confiance dans l’économie britannique devrait stimuler les habitudes d’achat des Britanniques tant au Royaume-Uni qu’en Espagne. Les marchés financiers britanniques ont fait un bond, sans doute encouragé par la clarté que la victoire électorale et Brexit ont apportée. Un Brexit plus doux pourrait être plus probable car Boris Johnson n’a plus à compter sur le soutien des eurosceptiques purs et durs, ce qui sera mieux pour les expatriés britanniques et aussi pour les règlements d’immigration.

La livre a augmenté à environ 1,20 GBP/EUR suite au résultat des élections, son plus haut niveau depuis la fin de 2016. Cela devrait encourager les acheteurs britanniques en Espagne qui ont été dissuadés par l’affaiblissement de la livre au cours des trois dernières années. Ceux qui ont mis leurs plans d’achat en attente pourraient également être motivés à renouveler leur recherche. Et pour ceux qui ont voté  » Restez   » dans le référendum, l’élan pour se relocaliser en Espagne pourrait maintenant être encore plus grand… attention à cet espace !